Votre navigateur ne supporte pas javascript. L'utilisation de ce site en sera limitée.

L'atterrissage

liste des chapitres

         Comme je le disais, tout a commencé par un choix. Tout commence d’ailleurs toujours par un choix. Nous sommes tous, il me semble, responsables de nos choix, et par là même, des conséquences qui en découlent.

J’ai donc choisi, apparemment, d’entreprendre un voyage ici, sur cette planète nommée Terre. Pourquoi ? Qu’en sais-je ? Peut-être à ce moment-là, avais-je trop bu de liqueur d’Éther.

Pourquoi tout autour de moi, personne ne m’en a-t-il empêché ? Facile de rejeter la faute sur les autres n’est-ce pas ? Je vais donc admettre que cela relève uniquement de ma responsabilité. En somme, cela ne change pas grand-chose aux événements. La seule différence est qu’il est chose aisée de blâmer l’univers plutôt que de reconnaître ses propres erreurs. Je ne parlerai, soit dit entre parenthèses, qu’en mon nom et chacun est libre ou non de se reconnaître.

         Après donc ce que je pense être une énorme cuite à la liqueur d’Éther, je m’en vais voir la Grande Assemblée afin de leur faire part de ma requête farfelue ; partir pour la Terre. Vraiment farfelue ! Cette magnifique planète aux graphismes étranges, aux nuances de bleu et de vert. Elle est exposée au Soleil, cet astre lumineux mais aussi quelconque que tous les autres soleils que je connais présents dans la galaxie. Terre n’est pas si grande que ça, elle est même plutôt petite. Les humains exagèrent toujours beaucoup quant à la taille de leur planète, et je ne sais pour quelle raison, ils font toujours de la taille un concept viscéralement important.

Les humains ! C’est ainsi qu’ils ont choisi de se nommer.

Ils possèdent un vaisseau de chair, très inconfortable, composé de deux bras et deux jambes ainsi que d’une tête et tout plein de choses à l’intérieur dont ils ne savent pas encore tout. Ils se ressemblent tous, et pourtant, il paraît qu’ils se croient tous différents. Peut-être le sont-ils réellement. Cela je l’apprendrai plus tard.

Tout ce que je sais pour l’instant c’est que ma requête est acceptée, sinon, je ne serais pas ici, à vous conter mes débuts laborieux.

         Je m’en vais donc préparer le vaisseau. Il m’accompagnera tout au long de ce voyage. Il paraît aussi que je l’ai choisi. Grand, petit, comme ceci, comme cela… Je ne me rappelle pas ce genre de détail. Il me reste à choisir où ! Où vais-je donc atterrir ? Au sein de quelle communauté ou « famille » vais-je poser mon vaisseau et ainsi débuter ce long voyage fascinant qu’est celui de l’expérience terrestre ?

Ont-ils besoin de ma participation ? J’ai entendu dire qu’ils cherchent des êtres nouveaux pour faire changer les choses là-bas. Mais je crois qu’eux-mêmes ne savent pas vraiment.

Qu’importe, je me lance !

Le vaisseau est prêt. Il est vraiment petit ! Je m’y ferai.

Comme je m’y attendais, je suis à l’étroit là-dedans, mais je suis tellement impatiente d’arriver !

         Tout débute enfin et je commence déjà à oublier, tandis que tout devient sombre. Je ne suis pas certaine que l’on m’ait parlé d’amnésie. Tout s’efface lentement pour laisser place au reste, au commencement.

À ce moment-là je ne le sais pas encore, mais ce n’est que le début d’un cauchemar sans fin. Moi, pleine d’espoir, de rêves, de soif de découvertes, je vais rapidement me retrouver plongée dans un monde complètement inconnu dans lequel règne la cruauté, le mensonge, l’avidité, et j’en passe et des meilleures. Un atterrissage si percutant et douloureux que les dieux eux-mêmes entendront mes tourments. La douleur… celle-là croyez-moi, deviendra ma meilleure compagne. Combien de fois vais-je les supplier de me ramener ? En vain, ils n’entendront rien, et s’ils entendent, ils choisiront d’ignorer mes supplications, mes cris et mes angoisses, mes peurs les plus profondes et mes désespoirs. Un véritable désastre que je dois apprivoiser chaque minute de chaque jour malgré la colère, l’incompréhension et la dévastation. Et pourtant, j’avance, je navigue à vue dans ce tourbillon hostile et froid. Maintenant, il ne me restera qu’une seule solution ; attendre avec impatience la fin du voyage.

         Mais en attendant, comment s’y prendre pour se fondre dans la masse ? En ai-je réellement envie ? Au bout de plus de trente années passées ici, sur cette planète, je n’ai toujours pas la réponse. Cherche donc encore Emma ! Tu n’es peut-être plus si loin !